Partage de pépites : la CNV, les prisons et la justice restaurative

“Toi Matthieu, qu’est ce que tu penses du système carcéral ?” me demande la covoitureuse.

C’est que les questions rituelles de “tu fais quoi dans la vie” m’avaient amenées à parler de ce qu’est la CNV et pourquoi j’ai à coeur de la partager.

“Euhh, c’est bien la première fois qu’on me pose cette question !”

Quelques échanges plus tard, cette femme que nous connaissons depuis à peine 1 heure Sophie et moi nous apprend que son voisin lui a mis plusieurs coups de couteau, suite à des conflits de musique trop forte.

Bim ! Ça nous laisse un peu sans voix… et ça remet en perspective ces petits jeux de rôle que j’aime bien utiliser dans mes formations sur la thématique du voisin pas content du volume des festivités.

Après un moment d’empathie, elle nous avoue qu’elle aurait aimé comprendre ce qui s’était passé chez son agresseur, qu’elle s’en fout vraiment des dommages et intérêts qu’elle allait recevoir. Elle aurait aimé pouvoir comprendre. Et dire sa douleur. Ça l’aurait aidé à guérir.


Pourquoi je parle de ça ? Parce que j’ai envie de partager des ressources qui ont été très inspirantes pour moi, sur la thématique de la CNV, des prisons et de la justice.

La première concerne le très beau documentaire “Ces mots qui libèrent” sur la CNV en prison. Ça se passe dans une prison américaine où on suit des prisonniers et des formateurs et formatrices en CNV qui aident les détenus à se connecter à ce qui est vivant chez eux. On y voit notamment Dow Gordon, un ancien détenu, devenu formateur en CNV dans les prisons à son tour; ainsi que Lucy Leu, la formatrice en CNV qui a introduit Marshall Rosenberg pour la première fois dans le monde carcéral. Elle est aussi l’autrice du livre de pratique : Manuel de Communication NonViolente (au passage un livre qui est un super accompagnement du livre de Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres).

Voici un moment du film, où le formateur lis aux détenus “le chant Baremba de l’âme et la cérémonie de guérison”, un texte qui m’a beaucoup touché (trouvable à l’écrit et en français ici), à propos de la vie d’une tribu sud-africaine :


La seconde ressource, c’est pour parler de l’oeuvre de Dominic Barter qui a fondé “les cercles de justice restauratifs” notamment dans des favelas au Brésil. Le système a été exporté partout dans le monde par la suite.

Une courte vidéo où il parle de cette autre manière d’appréhender la justice :

Pour compléter, d’autres ressources sur le thème de la justice restaurative :

Documents :

Vidéos :


Enfin la dernière ressource que j’aimerais partager concerne la manière dont Marshall a pu notamment animer (par le jeu de rôle dans cet exemple) le rôle de médiateur dans une situation où l’auteur d’un crime et la victime sont réunis, ici pour un viol :

Un petit extrait de cette restranscription écrite :

“Le criminel: Je suis désolé.

Le médiateur: Non, ce mot ne me dit rien. Vous avez probablement déjà dit que vous étiez désolé de tout ce que vous avez fait. Vous avez probablement été éduqué à dire ça machinalement. Si quelqu’un pense que vous avez tort, vous dites que vous êtes désolé et ensuite vous êtes pardonné. Non, c’est trop facile. Je veux que vous alliez à l’intérieur de vous et que vous me disiez vraiment comment vous vous sentez maintenant que vous voyez qui souffre.

Presque toujours, ils disent « ne me faites pas faire ça ». C’est douloureux d’aller à l’intérieur et de voir vraiment quelle souffrance c’est d’avoir fait des choses à une autre personne.”

Pour la retranscription écrite complète de cette médiation, c’est ici →

Pour compléter, une vidéo de Marshall sur le pardon →

“Le mot “je suis désolé” ne veut quasiment rien dire. Des personnes peuvent dire qu’elles sont désolées juste pour acheter leur pardon, mais sans rien ressentir.”

Il y explique comment passer du pardon au deuil.


Bonne exploration pour les curieuses et curieux.

Au plaisir d’en papoter dans les commentaires.

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